Je suis jaloux, vraiment jaloux. Enfin, je l’étais.
« Pourquoi eux, ils ont le droit d’aller à la Carrière et pas moi ?! »
Le Sandberg interdit
Je suis gamin, j’habite une maison de la mine à la Cité Reumaux à Freyming-Merlebach (57), au-dessus des falaises qui donnent sur le Sandberg.
Sandberg (« montagne de sable » en allemand) : c’est comme ça qu’on appelle la Carrière. Le nom officiel Carrrière Barrois apparaîtra bien plus tard.
De la maison, j’entends le grondement sourd des engins de chantier immenses et leur bip-bip caractéristique. Parfois les murs tremblent à cause des explosions de dynamite dans la roche.
La forêt du Warndt est à 100 mètres. Le sentier qui mène au village de Karlsbrunn en Allemagne longe, d’un côté, la frontière allemande et, de l’autre, le ravin béant de la carrière. La promenade paisible de quelques kilomètres à travers les bois vers le Wildpark (parc à gibier) et la Bierbud (chalet de restauration) se fait sans danger… si l’on ne quitte pas le chemin.
Car un simple câble tendu entre les arbres fait office de barrière avant les falaises. Il n’y a même pas de vraie clôture. Quelques mètres de terre instable séparent le sentier du vide !
Tout le long, des panneaux français-allemand cloués aux troncs martèlent les avertissements « Danger carrière – Gefahr Sandberg », « Interdiction d’entrer – Eingang verboten ».
La compagnie des Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) surveille. Leurs agents sont craints. Le site est une forteresse.
Pourtant, les récits des grands du CM2, les plus téméraires, nourrissent le mythe. Ils parlent de trésors d’amusement cachés là-bas. D’en haut, on aperçoit les monstres de fer qui circulent, lents, immenses, avec des roues plus hautes que trois hommes.
C’est un monde à la fois fascinant et inaccessible.
L’ironie du Temps : de l’interdit à l’invitation
Flash-forward à l’automne 2025. Me voici posant avec ce même panneau rouge « HBL – Propriété privée, entrée interdite ».
L’ironie est mordante. Durant toute mon enfance, l’interdiction de pénétrer était absolue. Maintenant… on encourage les gens à y aller.
Et là, ma part d’ombre s’éveille. Une vieille jalousie, que je croyais endormie, remonte à la surface.
Du site industriel au paradis naturel
Il y a un quart de siècle, la carrière était encore un site industriel sombre, exploité par les HBL. La Carrière Barrois était un territoire interdit dont le sable servait à remblayer les puits de mine de charbon. Une époque bruyante, poussiéreuse, révolue.
Aujourd’hui, ce même lieu accueille les promeneurs, les pêcheurs, les sportifs.
La Communauté de communes de Freyming-Merlebach encourage même à explorer ce canyon spectaculaire en Moselle-Est, vantant un espace naturel préservé, une faune protégée, une flore remarquable.
Lâcher-prise
Malgré les années, le souvenir de l’interdiction de m’approcher est encore vivace. Alors je réagis comme un môme frustré qui n’a jamais totalement digéré l’injustice : « Pourquoi eux, ils ont le droit d’entrer sur ce site et moi je n’avais pas le droit ?! »
J’ai envie d’interdire l’accès à tout le monde parce que, moi, je n’avais pas le droit d’y aller. C’est ridicule et mesquin. Je le confesse.
Heureusement, ma seconde réaction est adulte et réfléchie :
« Les temps changent. Mieux vaut accepter ces évolutions que sombrer dans une nostalgie stérile. »
L’écologie comme réconfort
Ce qui m’a aidé à lâcher prise, c’est de comprendre que la carrière n’est plus un no man’s land industriel. Le GECNAL, notamment, veille. Il s’agit d’une association locale pour la protection de la biodiversité. Les responsables s’assurent que l’endroit ne devienne pas un terrain d’ambitions économiques sans règle.
Ils pensent écologie, mais aussi humains, usages, équilibre.
Cette prise de conscience m’a rassuré. Elle a calmé la vieille jalousie.
Aujourd’hui
La Carrière Barrois est devenue un espace remarquable pour
- retrouver ses esprits dans un grand espace,
- être actif sportivement,
- mener des discussions profondes pendant une balade,
- simplement laisser retomber la poussière du quotidien.
Et pour moi, en tant que photographe, c’est surtout devenu un décor naturel inestimable. Ses falaises, ses plans d’eau et sa nature préservée offrent un arrière-plan à la fois sauvage et poétique, quel que soit le sujet.
Et puis, entre nous… réaliser des photos de communion ou de mariage dans ce cadre exceptionnel, ça prend tout de suite une autre dimension.
La leçon d’un site transformé
J’accepte simplement que ce lieu change de visage.
Il n’est plus ce site industriel fermé qui grondait en arrière-plan de mon enfance, ni cette zone dangereuse qu’on longeait avec prudence.
Aujourd’hui, il vit autrement : le pélobate brun, le grand-duc, la flore du Warndt… tout ça trouve sa place, protégée, respectée.
Et voir les visiteurs s’y promener, courir, profiter du calme et de la lumière, ça me réjouit plus que je ne l’aurais cru.
Le Sandberg fait partie de ma vie depuis toujours. Mais maintenant, je peux la regarder sans tension, sans interdits hérités.
Juste comme un lieu qui continue d’évoluer, et où l’humain, la nature et les souvenirs coexistent enfin.
Donnez une toile de fond épique à vos souvenirs
Si vous cherchez un cadre exceptionnel pour vos photos de mariage, communion, grossesse ou tout autre événement qui compte dans la région de Freyming-Merlebach, la Carrière Barrois offre un décor unique : falaises ocre, lumière naturelle, végétation sauvage.
La Carrière Barrois en Moselle-Est, c’est un lieu vivant, surprenant, qui raconte une histoire. Et c’est exactement ce que je recherche pour vos photos.
Transformons l’interdit d’hier en vos plus belles images de demain. Contactez-moi pour planifier votre séance à la Carrière Barrois.
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Boris, photographe qui oscille entre mémoire industrielle et lumières naturelles
Quelques vues de la Carrière en toutes saisons :














